Avesnois: l’histoire de la page Facebook «En route biloute» racontée par son fondateur.

13 janvier 2018 - 6219 vues

Goeric Tabary est originaire d’Ohain, dans le Sud-Avesnois. Certes, il a quitté la région depuis une quinzaine d’années, mais il revient de temps à autre dans son Avesnois natal. Quelques années plus tard, «En Route Biloute» est né sur Facebook. Comment son fondateur a-t-il eu l’idée de créer cette page? Réponse avec Goeric Tabary. 

«Durant des années, j'ai observé une personne qui faisait de la médiation frontalière sur Facebook au niveau de Momignies mais elle n'était pas tout à fait correcte. En frontière, les populations sont divisées d'autant que Momignies est frontalière de 3 départements français. Je sais bien que des échanges répétés se font sur des temps courts entre des gens n'ayant pas forcément de vrais contacts entre eux. C'est donc très facile de tromper les gens qui agissent guidés par les habitudes et les réseaux sociaux accentuent cette vérité. Il y avait là un “vide frontalier” qui ne pouvait que causer du tort.

En janvier 2014, le groupe “Radars de Chimay et ses environs” existait déjà, j'ai donc créé “Radars de Fourmies et ses environs” pour fonctionner en binôme avec eux. Le groupe fut ensuite rebaptisé “En route Biloute”.

Le but étant de permettre aux riverains d'échanger de vraies informations sur le thème de la sécurité routière. J'ai administré le groupe jusqu'en février 2017, il compte actuellement plus de 12 800 membres soit davantage que le groupe qui lui a permis de naître...

Cette initiative est culturelle et chaque membre est considéré comme un bénévole. L'adhésion est libre et gratuite. Certaines personnes peuvent se payer un détecteur de radars, d'autres en sont démunies, et tous les systèmes de détection étaient payants. Si l'argent est un paramètre, je ne voulais pas que la vie affecte ceux qui manquent de pouvoir d'achat au quotidien. Biloute est un groupe d'entraide et de solidarité. On ne fait aucune publicité et ce n'est pas un groupe de rencontres...

Nous faisons preuve de pédagogie en utilisant Facebook pour mieux informer les riverains. La publication épinglée du groupe est son manuel d'utilisation et j'ai toujours agi selon les principes qui y sont énumérés. Nous avons réuni une population divisée afin qu'elle soit doublement avertie car les habitudes sont la cause principale des accidents qui ont surtout lieu sur des trajets répétés et de courte distance. Voir des amis vous dire qu'ils regardent plus fréquemment si leur vitesse est bien adaptée à celle autorisée fait plaisir car c'est peut-être déjà un accident évité.

Les différentes utilisations du réseau routier sont mieux comprises par les gens qui échangent entre eux pour préserver davantage les plus fragiles : les motards, les piétons, etc. Dorénavant, les riverains connaissent mieux les zones à risques, les moments où rester discret, comme les périodes attentat ou les alertes enlèvement.

J'ai accompagné les gens uniquement pour leur rendre service, sans intention de nuire et sans penser à ma situation personnelle. Autorités et population ont toujours été respectées et peuvent aussi appartenir au groupe. Celui qui ne suivait pas cette règle était immédiatement exclu. Pas question de dénoncer quiconque, juste indiquer des faits qui renseignent les autres usagers.

Je ne veux négliger personne, le respect de la vie privée est le fer de lance et le droit à l'image est assuré. J'ai fait du bénévolat pendant 3 ans sur Facebook, mais il y a un quart de siècle que je suis bénévole pour les handicapés.»