MCA Maubeuge: «Macron, tiens ta parole»: le message fort des manifestants.


30 mai 2020 - 819 vues

Pour exprimer leur désaccord et leurs inquiétudes, les salariés de l'usine Renault de Maubeuge, en grève depuis vendredi - manifestent ce samedi matin.

Le constructeur automobile français a annoncé le 29 mai la suppression d'environ 15.000 emplois dans le monde dans le cadre d'un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans.

Déjà affaibli par la crise du coronavirus (en Europe le marché automobile a chuté de 76,3% en avril en raison de la fermeture des concessionnaires dans de nombreux pays), le groupe français souffre de surcapacités de production au niveau mondial. 

La CFDT a dénoncé un "projet de casse sociale et de désindustrialisation", affirmant qu'elle "se fera entendre par tous les moyens possibles". La CGT a déploré une "stratégie assez suicidaire" tandis que la CFE-CGC a dit "son incompréhension et son désaccord", regrettant un "manque de dialogue social".  

Sur LCI, le maire UDI de Maubeuge présent dans le cortège a appelé le président de la République à sauver l'usine et son territoire. "Monsieur le président de la République, vous êtes venus ici il y a moins de deux ans, vous avez salué les entreprises, vous avez promis aux territoires que vous alliez les aider. Il est le moment de tenir votre parole et de vraiment soutenir ce territoire. (…) On a besoin de vous et vous devez aujourd’hui nous soutenir dans ce combat", a déclaré Arnaud Decagny.

"Aujourd’hui le site directement c’est 2100 emplois, c’est près de 10.000 emplois autour, dans un bassin de vie de 220.000 habitants. Ce serait une catastrophe sociale, une catastrophe économique, et un tsunami d’aménagement sur notre territoire", a-t-il ajouté. "On est déterminé à sauver MCA. Non, l’assemblage n’ira pas vers un autre site, non MCA va vivre."

La manifestation est partie à Maubeuge. A l'appel de l'intersyndicale de l'usine (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Sud), les manifestants ont entamé une marche partant du site pour rejoindre l'hôtel de ville de Maubeuge, à environ 6 km de là.

Dans cette usine du Nord qui emploie 2100 personnes, où les salariés sont en grève depuis vendredi, Renault fabrique des utilitaires électriques Kangoo. Une production qui doit être transférée à Douai.