Sud-Avesnois - Contrats aidés: Jean-Luc Pérat, un maire particulièrement remonté.

25 août 2017 - 2876 vues

Dans un courriel transmis il y a quelques jours à Martine Lorphelin, directrice de l'Association des Maires du Nord, le maire d'Anor livre son sentiment quant à la future réduction des contrats aidés "pour les prochains mois et les prochaines années".

Le premier magistrat et président de l'Intercommunalité du Sud-Avesnois pense à la "casse que cela va engendrer" et rappelle que le Sud-Avesnois est le territoire qui compte le taux de chômage le plus élevé de la Région (plus de 25%), également le taux le plus élevé de France. Nous préférons avoir des personnes »en activité » que de les voir sous la perfusion du RSA ou autres aides", ajoute Jean-Luc Pérat, qui dénonce dans le même temps l'étranglement par des dotations d'Etat en baisse.

Pour terminer, Jean-Luc Pérat énumère les différents secteurs qui donnent leur chance à des demandeurs d'emploi via les contrats aidés: écoles, restauration scolaire, services techniques et espaces verts, animation en direction de la jeunesse et activités péri-scolaire. Dans ce courriel, Jean-Luc Pérat, maire d'Anor, se présente comme l'édile d'un territoire rural, particulièrement remonté.


Voici l'intégralité du courriel: 

Bonjour Madame la Directrice.

Je vous fais un retour sur mon sentiment et ma réaction concernant la réduction des contrats-aidés pour les prochains mois et prochaines années.

Depuis cette information, je vous avoue être très perturbé car je pense à la « casse » que cela va engendrer !

Notre territoire est celui qui compte le taux de chômage le plus élevé de la Région (plus de 25%)…donc de France !!!

Nous(les élus, les associations…) nous battons tous les jours pour accompagner les publics les plus éloignés de l’emploi en proposant des solutions alternatives (dont les contrats aidés). Nous préférons avoir des personnes »en activité » que de les voir sous la perfusion du RSA ou autres aides. Nous pensons les aider à se « construire » ou à se « reconstruire » par l’activité en leur redonnant »une place dans la société ». L’Etat apporte certes une contribution mais la collectivité également pour une part à charge variable en fonction de chaque situation. Nous assurons par ailleurs une formation complémentaire et l’activité est une valorisation sur le CV.

Je pense aussi que depuis plusieurs années, nous avons été étranglés par des dotations d’Etat en baisse…l’Etat pourrait avec sa contribution aux contrats-aidés (juste retour de nos efforts acceptés dans la douleur) quelque peu atténuer notre souffrance financière et humaine. Humaine très certainement, car les entreprises de notre territoire ne sont pas en capacité de proposer les  emplois attendus et espérés…Alors que faire…attendre la mort de notre territoire ? Non certainement pas car nous voulons nous battre pour sauvegarder notre identité et notre fierté !

Cette décision… vue de Paris ou du Havre, peut-être !

Ces contrats-aidés ne sont peut-être pas la panacée mais pour nous (territoire enclavé sur le plan routier et sur le plan ferroviaire, où la mobilité est un enjeu capital…)nous avons et aurons de plus en plus de populations précarisées aux grandes difficultés engendrant les dérives malheureusement trop connues (alcool, drogue, violences…)

Non, cette DECISION N’EST  PAS ACCEPTABLE…Contrairement aux grandes idées reçues et moralisatrices, un certain nombre de contrats-aidés débouchent sur des emplois, peut-être pas suffisamment mais les cas concrets existent. Demain, comment allons-nous faire dans les écoles, la restauration scolaire, les services techniques et les espaces verts, l’animation en direction de la jeunesse et des activités péri-scolaires… ? Ce point d’interrogation reflète notre INQUIETUDE mais notre DETERMINATION à ne pas nous laisser faire…

Billet d’un maire d’un territoire rural, particulièrement remonté.

Bonne réception. 
Jean-Luc Perat, Maire d’ANOR.