Saint-Quentin: un patient reste 6 jours aux Urgences.


18 août 2019 - 1003 vues

Selon Le Parisien, vendredi, le collectif Inter-Urgences a dénoncé « un record » à propos d'un patient âgé de 70 ans qui est resté six jours dans une unité des urgences de l'hôpital de Saint-Quentin, alors que la direction affirme pour sa part qu'il s'agissait d'une décision « médicale » et non d'organisation.

Dans un communiqué, le collectif, à l'origine d'un mouvement de grève inédit en mars dernier, a affirmé que « le record de Saint-Etienne a été battu jeudi, avec un patient de 70 ans stagnant aux urgences pendant six jours et 12 heures. Un record dans un contexte où la direction fait la sourde oreille sur les revendications du personnel ».

Selon la direction, ce patient, qui se serait empoisonné involontairement chez lui, a été vu par un médecin 35 minutes après son arrivée à l'accueil des urgences le 8 août. Il est ensuite resté « pour affiner son diagnostic avec plusieurs avis de spécialistes » et « il n'y a pas eu de demande des urgences de l'admettre dans un autre service ». La direction a ajouté sur son site que « les services d'action sociale de l'hôpital ont rencontré la famille afin de garantir un retour à domicile le 15 août dans de bonnes conditions ».

Selon les recommandations de la Société francophone de médecine d'urgence, l'unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD), dans laquelle le patient est resté, fait « partie intégrante des services d'urgence », « pour laquelle il est recommandé que la durée moyenne de séjour soit inférieure à 24 heures ».

« C'est une question médicale, pas d'organisation, il y avait des lits vacants dans tous les étages de l'hôpital », s'est défendu vendredi le directeur de l'établissement François Gauthiez. « On n'a pas lésiné sur les moyens, on n'a pas abandonné le patient », a-t-il ajouté, précisant qu'il a séjourné dans une chambre individuelle, sans salle de bains toutefois, sur un lit et non un « brancard ».

Cinq mois après le début du mouvement, la grève des urgences n'a jamais été aussi étendue. « La rentrée arrive à grand pas et nous appelons encore et toujours ensemble des soignants […] à se mobiliser pour remodeler un système de santé arrivé à son terme », a ajouté le collectif Inter-Urgences dans son communiqué.

Mercredi, le ministère de la Santé a annoncé avoir recensé 195 services d'accueil des urgences en grève. Un nombre proche des 220 revendiqués par le collectif à l'origine de ce mouvement social, pour lequel « Agnès Buzyn annoncera dès la rentrée de nouvelles mesures »