Service d’Incendie et de Secours du Nord: Joel Wilmotte démissionne.


20 novembre 2015 - 3275 vues

 

C'est une annonce surprise, faite ce midi, par le président du conseil d'administration du SDIS du Nord: Joel Wilmotte a présenté sa démission. Voici le communiqué: 

« Comme je l’ai toujours indiqué depuis ma prise de fonctions, et comme cela a toujours guidé mes différents engagements publics, j’ai à cœur d’être en phase avec la feuille de route que l’on m’a confiée, et avec les principes de bonne gestion publique des institutions dont j’ai la charge.

À ce jour, j’estime ne plus avoir les moyens de mener une réforme résolue, d’ampleur, qui permettrait au Service Départemental d’Incendie et de Secours du Nord de retrouver une sérénité financière, et des perspectives d’action.

Fort de ce constat, j’ai décidé de présenter ma démission de la Présidence du Conseil d’administration du SDIS 59. Cette décision, mûrement réfléchie, est effective ce jour".

Il y a quelques jours, nous vous parlions du "challenge 2016" souhaité. Joel Wilmotte, élu LR et président du SDIS 59Ne l’appelez pas plan d’économies, mais « challenge 2016 ». Joël Wilmotte, élu LR et président du SDIS 59 (le service d’incendie et de secours du Nord) avait décrit dans les grandes lignes, l'effort budgétaire demandé aux pompiers...

Le SDIS doit trouver 12 millions d’euros sur un budget de 288 millions. D’une part, il fait face à la baisse de 4,7 millions d’euros de la subvention départementale. D’autre part, le conseil d’administration veut retrouver les moyens d’investir en faisant passer la marge d’autofinancement de 0,5 millions d’euros à 8 millions.

Des pompiers moins payés

Le conseil d’administration du SDIS envisage de revoir à la baisse le niveau indiciaire des pompiers du Nord, qui selon Joël Wilmotte démarrent leur carrière au niveau maximum de 8, alors que la moyenne nationale est à 4. Il veut également recruter davantage de pompiers volontaires (bénévoles).

Des services regroupés

Certains services pourraient être « rationalisés ». Il pourrait notamment ne subsister qu’un seul centre d’appel pour tout le département. « Le Pas-de-Calais pourrait prendre le relais en cas de problème », imagine Joël Wilmotte. En outre, le SDIS va expérimenter la présence d’un infirmier dans les centres de secours, pour évaluer l’opportunité d’une intervention des pompiers.

Des bâtiments moins chers

Un gros effort devra être réalisé sur les bâtiments : les communes pourraient être priées de financer 25 % des nouvelles constructions, et de nombreux projets doivent, selon Nicolas Siegler, l’élu (LR) qui s’occupe des finances, pouvoir être conçus en interne. Joël Wilmotte cite en exemple la caserne de Cartigny, financée pour 800.000 euros, par contraste avec Aulnoye-Aymeries qui a coûté 4,5 millions…

Des délais d’intervention rallongés ?

« Il n’y aura aucun tabou », prévient souvent Joël Wilmotte. Un rallongement du délai d’intervention maximum (15 minutes actuellement) est à l’étude. L’hypothèse risque de braquer les syndicats (et pas seulement). « Nous sommes prêts à reconnaître qu’il y a des économies à faire, mais pas au détriment de la qualité du service public », indique Quentin De Veylder, de la CGT.

Quelle concertation ?

Il y a quelques jours encore, Joël Wilmotte concèdait avoir volontairement « mis un coup de pression » sur ses interlocuteurs pendant quelques mois. Il les invitaiti à discuter les propositions mises à l’étude, et se donnait jusqu’au 31 mai 2016 pour évaluer leur mise en œuvre. « S’il le faut il y aura des discussions dans les centres de secours, en partant de la base », assurait il y a quelques jours Nicolas Siegler...