26 mars 2026 - 46 vues
Ce jeudi 26 mars, Echo FM interviewait Hervé Boutelier, que vous avez l’habitude d’entendre derrière le micro, mais cette fois c’est lui qui se confie. Dans son livre Mon cœur n’était pas le seul malade (éditions Lumpen), Hervé raconte ce jour où sa vie a basculé à cause d’un événement cardiaque soudain, et la longue reconstruction qui a suivi.
Une nuit, une douleur brutale traverse sa poitrine. “Ce n’était pas une douleur connue, pas une de celles qu’on identifie immédiatement”, écrit-il. En quelques heures, sirènes, urgences, examens et transferts lui font découvrir ce que signifie être réduit à un cœur à surveiller, à des chiffres, à des protocoles. Mais le vrai choc n’est pas seulement physique : il est psychologique.
Hervé raconte la peur, celle qui reste après l’hôpital. La peur de dormir, de sortir, de manger, de sentir son corps. Et parfois, cette peur est alimentée par ceux qui sont censés aider. “Si vous sortez, vous êtes mort”, lui dit-on. “Peut-être que c’est la dernière fois que vous voyez votre femme”, lui suggèrent-ils. La peur, la solitude et l’impression d’être incompris deviennent alors une épreuve invisible.
Le quotidien devient un défi. Même des gestes simples, comme aller aux toilettes seul, sont encadrés par des règles strictes qui rappellent constamment sa fragilité. Hervé souligne que ce n’est pas un manque de moyens, mais un manque d’humanité. Les interactions avec le personnel médical, parfois dures ou déshumanisées, laissent des traces durables.
La transformation physique n’est pas moindre : Hervé perd 30 kilos. Son corps change, et avec lui le regard des autres. “Tu as l’air fatigué… tu es malade”, lui répètent-ils. L’ombre du regard social se mêle alors à la reconstruction personnelle. Aujourd’hui, Hervé continue un suivi psychologique, deux fois par mois, pour apprivoiser ses peurs et reconstruire sa relation avec son corps et sa vie.
Avec ce livre, Hervé Boutelier tend une main à ceux qui traversent un parcours similaire et lance un appel clair à la médecine : sauver des vies ne suffit pas, il faut aussi accompagner la reconstruction. Mon cœur n’était pas le seul malade est un récit brut et poignant, qui rappelle que derrière chaque protocole se cache un humain avec ses peurs, ses doutes et ses espoirs.
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