06 octobre 2026 - 156 vues
À Féron, un jeune graphiste s’est retrouvé au cœur d’un débat qui dépasse largement les frontières de la région. Thomas Prouvost, fondateur de l’agence Les Lunettes Créatives, alerte depuis plusieurs mois sur une utilisation de l’intelligence artificielle qu’il juge excessive dans la communication visuelle.
Son coup de gueule a d’abord commencé sur les réseaux sociaux. Il y a quelques mois, Thomas Prouvost publie une courte vidéo dans laquelle il réagit, avec une grimace devenue virale, à une succession d’affiches réalisées avec l’intelligence artificielle. Son constat est simple : à force d'utiliser les mêmes outils et les mêmes recettes, les affiches finissent par toutes se ressembler. La vidéo totalise plusieurs millions de vues sur Instagram et est repartagée jusque dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis.
Pour le graphiste de Féron, le problème n’est pas l’existence de l’intelligence artificielle en elle-même. Il considère plutôt qu’elle est souvent mal utilisée. Une affiche de brocante, une fête de village, un commerce, une association ou encore une collectivité peuvent aujourd’hui produire en quelques secondes un visuel très sophistiqué. Mais, selon lui, cette facilité a un revers : la perte d’identité.
Et le phénomène ne concerne plus seulement les petites associations ou les organisateurs qui fabriquent eux-mêmes leur communication. C’est précisément ce qui interpelle le jeune graphiste : certaines affiches utilisées dans l’espace public sont désormais produites avec l’IA par des entreprises, des festivals ou même des collectivités.
Pour Thomas Prouvost, lorsqu'une mairie dispose d'un service communication, la question se pose différemment. Il estime qu'une communication officielle devrait justement permettre à une manifestation, une ville ou un événement de posséder une identité reconnaissable, plutôt que de reprendre les codes visuels que l'on retrouve déjà partout.
Le jeune graphiste refuse pourtant de se présenter comme un professionnel opposé à toute utilisation de l’intelligence artificielle. Pour lui, l’IA reste un outil. Et comme n’importe quel outil, elle nécessite une expertise et une réflexion. Il compare son utilisation à celle d’un appareil photo : ce n’est pas parce que l’on possède le meilleur matériel que l’on réalise automatiquement une bonne image.
Son inquiétude porte donc aussi sur les conséquences pour les entreprises et les associations qui utilisent ces outils sans forcément mesurer leur impact. Une entreprise artisanale qui communique avec une image générique produite par IA peut, selon lui, perdre une partie de ce qui fait son authenticité. Et une affiche trop chargée peut finalement passer inaperçue au milieu de dizaines d’autres visuels construits selon les mêmes codes.
Ecoutez le témoignage de Thomas Prouvost, fondateur de l’agence Les Lunettes Créatives.
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